Les monuments de Palerme

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  • La chapelle Palatine avril 15, 2013
    C’est  au cœur du palais des normands que se trouve la chapelle Palatine. Sa fondation s’inclut dans les grands travaux du palais, débutés dès le couronnement de Roger II ( voir ici, l’article de Qantara commence par un court rappel historiques ) et se terminera vers 1140. Les mosaïques de la coupole sont datées de … Lire la suite →
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La chapelle Palatine

C’est  au cœur du palais des normands que se trouve la chapelle Palatine. Sa fondation s’inclut dans les grands travaux du palais, débutés dès le couronnement de Roger II ( voir ici, l’article de Qantara commence par un court rappel historiques ) et se terminera vers 1140. Les mosaïques de la coupole sont datées de 1143 mais le reste des décorations sera ajouté le long de la décennie suivante et se terminera sous le règne du fils de Roger II,  Guillaume Ier.

Respectant le plan basilical classique de la Sicile médiéval,  ses trois nefs séparées par des colonnes se terminent chacune par une abside dont celle du centre est la plus grande. Précédent cette  dernière, la croisée du transept surmontée d’une coupole constitue le sanctuaire qui est d’inspiration byzantine.

Plan de la Chapelle

Plan de la Chapelle

Car ce qui caractérise la chapelle, c’est – à même titre que les autres monuments présentés mais de façon plus évidente – qu’elle réunis les influence qui sont à la base de la culture « arabo-normande ».

Le plan au sol, est d’inspiration latine et byzantine, nous l’avons dit. Le plafond, excepté celui du sanctuaire qui est vouté, est en bois décorés de peintures et de mosaïques arabes, ainsi que d’inscriptions Kufiques. Le haut des nefs est aussi agrémentés de muqarnas ( déjà vus dans le Palais de la Zisa ).

Plafond de la chapelle.

Plafond de la chapelle.

En revanche y sont représentés des figures humaines, ce qui est assez rare et témoigne d’une influence perse.

La nef est décorée de mosaïques byzantines représentant différentes scènes de l’ancien et du nouveau testament concentrés sur la vie du Christ. Les mosaïques sur les bas cotés figures des scènes de la ville de Pierre et Paul, ce qui est relativement communs dans les églises latines.La mosaïque ornant la coupole est certainement la plus célèbre et la plus caractéristique de l’art byzantin. On peut y voire une figure du Christ pantocrator surmontant un registre où sont représentés les quatres évangélistes.

Mosaïque de la coupole.

Mosaïque de la coupole.

La prépondérance byzantine dans l’iconographie n’empêche pas l’insertion de motifs géométriques, des entrelacs profilant des végétaux, évoquant clairement les productions arabes.

Malgré une construction relativement limitée dans le temps, la chapelle concentre divers traits culturels distincts, révélant ainsi une Sicile à l’histoire complexe qui a su en tirer profit au sein d’une méditerranée déchirée par les contrastes et les conflits.

Téo G.

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Palerme, sa cathédrale, et autres monuments

Nous avons déjà parlé de la cathédrale de Palerme dans un article précédant, nous vous rappelons donc qu’elle constitue un bel exemple de la mixité arabo-normande présente sur l’ile. Malheureusement, il existe très peu de sites proposants des informations sur l’art et l’histoire de cette cathédrale qui ne soit pas dans l’ordre du touristique. J’avais mentionné le site officiel de la cathédrale, sur lequel nous pouvons trouver quelques informations ; le revoici.

Louis Quarré-Reybourbon

Louis Quarré-Reybourbon

Nous voulons maintenant vous présenter cet ouvrage « Palerme : souvenirs de voyages » datant de 1892, qui est en fait une mise à l’écrit d’une conférence faite le 20 mars 1892 à Lille par L. Quarré-Reybourbon, secrétaire-général adjoint de la société de géographie de Lille. Il s’agit en fait d’une résumé de notes de voyage, d’une quinzaine de pages, sur la ville de Palerme. L’ouvrage décrit avec suffisamment de détails les principaux monuments de Palerme, à savoir: l’église Saint Jean des Ermites, la cathédrale de Palerme , l’église de la Martorana, et la chapelle palatine. La ville de Monreale est aussi présentée dans cette conférence, car elle est proche de la ville de Palerme. Le conférencier conclut sur la nécessité de connaître Palerme, élément incontournable du patrimoine culturel méditerranéen. Il est alors significatif de connaître, à travers cet ouvrage, le regard que l’on portait déjà à la fin de ce XIXe siècle sur Palerme, alors que le début ce siècle avait vu l’exaltation à outrance de la culture greco-romaine.

Plan de Palerme au XIXe siècle

Plan de Palerme au XIXe siècle

Il y a également ce livre, disponible sur google books, publié en 1989 et qui nous fourni des descriptions de plusieurs monuments, les « classiques » tels que la cathédrale, le palais des Normands etc doublées d’informations historiques et appuyées de nombreuses photos, ce qui permet d’avoir une bonne vue d’ensemble. Du point de vue iconographique il est assez riche, mais au départ destiné à l’usage du touriste les informations sont souvent trop frustres ou partielles. Néanmoins il fourni de bonnes clefs de réflexion ainsi qu’un tableau assez large de Palerme. 

L. Altoki

La construction d’une identité sicilienne

Certes, nous ne devons pas occulter l’importance de la dynastie normande des Hauteville dans la construction identitaire de la Sicile. Notre article va néanmoins ici s’intéresser plus fortement à l’influence musulmane (antérieure à la normande) en Sicile.

Nous allons d’abord nous intéresser aux aspects du gouvernement urbain dans la Sicile musulmane: http://halshs.archives-ouvertes.fr/docs/00/12/88/81/PDF/LafiAspectsGouvUrbSicile.pdf. Notre article, publié dans les Cahiers de la Méditerranée (volume 68), a été rédigé par Nora Lafi, historienne des villes du monde arabe, et est intitulé  » Aspect du gouvernement urbain dans la Sicile musulmane « . L’auteur s’interroge sur la façon dont s’est organisé l’urbanité de cette île profondément chrétienne à l’arrivé de la culture musulmane. Palerme est présenté ici à travers le regard de voyageurs musulmans, comme une ville marchande, divisée en cinq quartiers distincts. Nous pouvons alors comprendre la manière dont était perçue Palerme dès le Xe siècle, et mieux comprendre son organisation économique et politique. Cet article est utile car il nous fournit des éléments de contextualisation.

La Sicile sous l'émirat kalbite

La Sicile sous l’émirat kalbite

L’histoire de la Sicile islamique pose encore beaucoup de difficultés aux historiens (d’ordre historiographique), comme nous le découvrons à travers cet article d’Annliese Nef: http://www.academia.edu/2393716/_Michele_Amari_ou_lhistoire_inventee_de_la_Sicile_islamique_reflexions_sur_la_Storia_dei_Musulmani_di_Sicilia_. Certes, cet article d’Annliese Nef ne nous concerne pas directement. Elle y évoque l’œuvre de Michele Amari, historien du XIXe siècle, qui travailla notamment sur la Sicile arabo-musulmane (et dont une partie est consultable en ligne. Mais de façon détournée, ce texte nous intéresse. Dans cette relecture du travail de Michele Amari, A. Nef nous livre quelques clefs de réflexion sur l’islamisation de la Sicile, et son héritage. En fin de compte, c’est le processus de formation de l’identité sicilienne dont il est question ici.

Cette même spécialiste a mis en ligne une présentation colloque (sur le processus d’islamisation en Sicile) que nous vous résumons ici: http://www.ecole-francaise.it/fr/q/d/Programme_1.2.1.pdf. La question des processus d’islamisation en Occident islamique a été en partie abordée par des chercheurs français dans le cadre d’un séminaire pluriannuel pour le Maghreb, al-Andalus et la Sicile. Elle reste cependant une question difficile. Il s’agirait alors dans ce colloque de concentrer ces efforts autour de l’axe “Sicile byzantine et islamique”. Cette réflexion demeure dans le prolongement d’un projet financé par l’Institut Universitaire de France (2009-2014), et porté par Annliese Nef (Paris IV). Ce colloque (du 8 au 10 novembre 2012) constituera la base d’un ouvrage de synthèse dont la réalisation sera confiée à un comité scientifique.

A titre indicatif, nous nous permettons de vous guider vers un site d’exposition virtuelle. Ce site (en anglais) est celui d’une exposition virtuelle sur les Normands de Sicile. Les informations ne sont pas très détaillées, mais la présence de divers liens internet permet d’approfondir ses connaissances concernant la culture arabo-musulmane. De belles images à exploiter.

Maquette du palais de la Favara

Maquette du palais de la Favara

Enfin, nous terminons notre article avec cette réflexion autour des châteaux arabes et arabo-normands, disponible à cette adresse: http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/mefr_1123-9883_1998_num_110_2_3647?_Prescripts_Search_tabs1=standard&. Notre article intitulé « Sicile arabe et Sicile normande : châteaux arabes et arabo-normands », publié sur Persée (portail de revues en sciences humaines et sociales), est extrait de la revue Mélange de l’école française de Rome. L’article s’intéresse de près au croisement entre les différentes cultures présentes en Sicile, et leurs témoignages dans l’architecture (plus particulièrement les châteaux). Auteur de Brucato : histoire et archéologie d’un habitat médiéval en Sicile, Jean-Marie Pesez, archéologue médiéviste de la culture matérielle, s’interroge sur les moyens d’étudier la civilisation arabo-musulmane de Sicile (dont les vestiges manquent parfois) à travers les traces laissées par les Normands (acteurs de la mise en valeur de la culture musulmane en Sicile).

V. Aldebert

La monarchie normande

La dynastie des Hauteville a incontestablement marqué l’histoire de la Sicile. Le fait que cette monarchie normande, originaire du nord de l’Europe, s’installe en Europe méridionale, au carrefour des influences latines, byzantines et surtout musulmanes bouleverse l’équilibre de la Méditerranée. Mais ce qui fait l’originalité de cette dynastie est l’adaptation (et même une assimilation) aux cultures déjà présentes en Sicile, tout en affirmant un nouveau mode de gouvernement, qui sait se mettre en valeur à travers l’édification de monuments et l’élaboration de nouvelles formes d’art.

L’article que nous allons vous présenter à présent met bien en lumière ce que la Sicile normande représente pour beaucoup: un âge d’or (http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ccmed_0007-9731_1975_num_18_71_2009). Cet extrait de L’âge d’or sicilien. L’époque normande et souabe écrit par Angelo Lipinski se centre sur l’étude des arts somptuaires en Sicile au XIIe siècle, époque de l’âge d’or de la présence normande en Sicile. L’extrait débute par une courte introduction historique, présentant l’habileté politique et diplomatique des souverains normands, qui détenaient une véritable investiture de la part du Pape. La chancellerie (trilingue) et les pratiques commerciales avec l’Ifriqiya (nord de l’Afrique) y sont présentées. Une grande partie de notre passage est consacré aux arts textiles: sont mentionnés le vêtement royal, la taxe de la soie et les tiraz (tissus provenant de manufactures royales). L’orfèvrerie est également abordée, à partir de nombreux exemples illustrés par des planches. L’un de ces objets est la couronne de Sicile, encore conservée de nos jours. Le but de cet article est donc de nous monter le développement sous la monarchie normande des arts somptuaires, qui la glorifient.

L’un des rois emblématiques de cette Sicile normande est Roger II. Un article lui est entièrement consacré: http://www.cairn.info/revue-la-pensee-de-midi-2002-2-page-115.htm. Notre lien conduit à une numérisation de la revue La pensée du midi autour du thème de la ville de Palerme. L’article présenté ici concerne Roger II de Sicile, roi normand emblématique de la synthèse des cultures au sein de la capitale sicilienne. L’article est rédigé par Pierre Aubé, grand médiéviste. Les mosaïques de la cathédrale de Monreale y sont évoquées.

L’article suivant est essentiel pour comprendre le mode de gouvernement des Normands, implantés dans une Sicile encore profondément islamisée: http://www.persee.fr/web/ouvrages/home/prescript/article/efr_0000-0000_1980_act_44_1_1246. Notre article « Féodalité coloniale en terre d’Islam (1070-1240) » est l’œuvre du professeur Henri Bresc (Université Paris X Nanterre). Notre auteur part du postulat que la conquête normande a établi une féodalité de type coloniale, qui a cependant rencontré quelque résistances, comme le témoigne la coexistence de la féodalité chrétienne et des chefferies résiduelles musulmanes. Parfois, ce système était accepté par les musulmans, comme le montre le cas de la noblesse mudéjare. De plus, il faut savoir que la distribution féodale a été importante mais pas totale: la monarchie musulmane s’est réservé la plupart des villes importantes, et l’on voit nettement une coopération effective des barons au pouvoir central. Le partage des terres est soumis à l’exigence d’une fiscalité centrale. Le mode d’administration des terres, qui emprunte aussi au système musulman de l’iqta, provoque parfois le mécontentement, comme le prouve la guerre civile de 1249.

Enfin, comment ne pas citer cette vidéo traitant des Normands, dynastie de conquérants (facilement accessible sur youtube): http://www.youtube.com/watch?v=dj171BNdrcY. Il s’agit d’un reportage (produit par Caryl Ebenezer) diffusé en 2004 sur France 5 dont les sujets traités répondent parfaitement à notre recherche. Ce documentaire s’inscrit dans une série de trois volets autour de la thématique « Les Normands, une dynastie de conquérants ». Notre volet, le deuxième de la série, explore « les royaumes de Méditerranée ». En effet, à travers l’histoire des invasions normandes en Italie, c’est la situation de la Méditerranée au XIe et XIIe siècles que l’on découvre, et surtout la position particulière que la Sicile y occupe. Le reportage nous montre comment Roger II, à son arrivée au pouvoir, instaure une tolérance religieuse qui permettra un véritable métissage culturel en Sicile. La coexistence qui règne ainsi entre différentes cultures (arabo-musulmane, byzantine, latine, et normande) fait de cette île un lieu d’effervescence au sein d’une Méditerranée alors déchirée par des conflits de pouvoir et de religion.

V. Aldebert (en collaboration avec T. Gailot)

Tourisme et patrimoine à Palerme

Nous le voyons au fil des articles, Palerme est une ville au passé singulier mais permettant une approche globale de l’histoire complexe qu’est celle de la méditerranée. Les récits de voyages ( d’Ibn Jubayr à  L. Quarré ), nous montre l’intérêt que l’on porte à la ville depuis le moyen âge, caractérisant ( sans l’exalter ) une cité cosmopolite ayant forgée une culture hybride qui lui est propre.

Aujourd’hui, le tourisme permet la valorisation de ce passé auprès du grand public, qui au delà de se contenter du climat de l’île et de la plage de Mondello, s’intéresse au patrimoine et aux traditions de la ville.

Palerme_Cathedrale

La diversité et la richesse artistique des monuments les rendent populaires, et permettent d’apprécier l’évolution de la ville et les différentes influences qu’elle a connu. Les itinéraires et guides touristiques misent beaucoup sur la valeurs patrimonial de la cité ( un exemple ici ).

La médiation culturelle est aussi assurée par les musées, comme par exemple le musée archéologique régional «  Antonio Salinas », ou le musée d’art et d’archéologie « Ignazio Mormino ». Parfois, les monuments eux mêmes abritent des musées, c’est notamment le cas de la Zisa qui accueille un musée d’art islamique.

L’accès au patrimoine est donc assuré, mais la transmission de l’histoire évènementiel et  ( surtout ) culturelle de la cité est une tâche complexe qui connait quelques écueils.  Difficile de s’y retrouver entre influence Romaine, Byzantine, Normande et Arabe. D’ailleurs, parle t on d’Art et d’Architecture Arabes ou Musulman ? Car là est un autre problème, les terminologies utilisées sont ambigües et peuvent parfois paraîtres réductrices ( le terme «  Arabo-normand » par exemple ) qui rendent d’autant plus floue une histoire déjà complexe. C’est ce que Annliese Nef pointe du doigt dans cet article, extrait du numéro 8 de La pensée du Midi, dont le thème est la ville de Palerme.

Un autre enjeu aujourd’hui est la conciliation  nécessaire entre le patrimoine architecturale et urbain et la Palerme actuelle, dynamique et sans cesse en construction ( ce problème est un petit peu abordé ici, surtout dans la dernière partie).

Téo. G

Nos sources iconographiques

A partir de cet article intitulé « iconographie », nous vous indiquerons la majorité de nos ressources iconographiques, que nous vous invitons vivement à consulter, parce que elles agissent comme support à notre sujet et complètent nos articles.

Pour commencer, pourquoi ne pas vous montrer ces vielles photographies de la Cathédrale de Palerme conservées à la Bibliothèque Nationale de France :

Photographie de Gustave Le Gray (1820-1884).

Celle ci date du début du XXe siècle et représente la façade sud-ouest de la Cathédrale. Cette façade est la principale de l’édifice, refaite au cours des XIVe- XVe siècles, bien que le monument date du XIIe siècle. Encadrée par deux tours, elle présente une alternance de petites colonnes et de fenêtres géminées, ainsi qu’un portique gothique. La cathédrale, construite sur une ancienne basilique romaine, a subi des transformations sous les Byzantins, des Musulmans et des Normands.

Cette photographie date également du début du XX e siècle représente la façade méridionale de la Cathédrale sur laquelle nous pouvons observer le portique à trois arcades ogivales, flanqué de deux tourelles et surmonté d’un tympan orné de motifs d’inspiration orientale.

Routes en sicile, cathédrale de Palerme

Et voila, une esquisse d’un décor non identifié. Esquisse cathédrale de Palerme

Nous vous présentons ensuite la page « wikimedia commons » qui donne accès au mosaïques et décors de la Chapelle Palatine et de la Cathédrale de Monreale. L’intérêt du site est dans les multiples photographies qu’on y découvre. Par contre il faut noter qu’elles sont toutes ou presque des photographies d’amateur, avec une grande variabilité dans la qualité.

Nous vous invitons également à visiter les pages du site Web Gallery of Art qui traitent de certains monuments siciliens comme la chapelle Palatine, la Cathédrale de Monreale et la Cathédrale de Cefalù. Le site est un musée virtuel et une base de données sur l’art européen au Moyen Age, contenant environs 31,100 reproductions commentées.

Voici maintenant notre source iconographique phare, le flickr du photographe Jean-Pierre Dalbéra contenant des photographies de Palerme, intéressant qualitativement et quantitativement, en plus, il y a un court descriptif. Elles ne concernent pas toutes la période qui nous intéressent, mais certaines nous permettent d’apprécier l’architecture et l’iconographie de la Palerme médiévale. Nous nous servons beaucoup de ses photographies, que vous pouvez également retrouver sur notre propre compte flickr, que vous pouvez accéder par ce lien et en cliquant sur les images à gauche de notre blog.

L. Altoki, V. Aldebert

Histoire, historiographie et linguistique: Les Normands en Sicile aux XIe et XIIe siècles

Le lien que nous avons l’opportunité de vous présenter retient notre attention par le fait qu’il réunisse de nombreuses disciplines, à savoir l’histoire, l’historiographie et la linguistique. Ce pluridisciplinarité est utilisée dans le cadre d’une recherche autour de Normands en Sicile aux XIe et XIIe siècles: http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ccmed_0007-9731_1980_num_23_91_2143

Cet article intitulé « Les Normands en Sicile aux XIe et XIIe siècles. Présence effective des hommes d’origine normande ou gallo-romane » a été publié en 1980 dans les Cahiers de civilisation médiévale. Son auteur, Alberto Varvaro, est professeur de philologie romane à l’Université de Naples.

linguistique romane

A travers une étude comparative de plusieurs travaux écrits par des historiens, l’auteur cherche à comprendre la véritable nature de l’influence normande en Sicile. Pour ce faire, il se pose la question historique en parallèle à la question linguistique. L’auteur affirme ainsi dès le premier abord la présence militaire normande en Sicile comme un fait incontestable, et l’importance du groupe familial (nous avons de cette manière un bref aperçu de la dynastie des Normands en Sicile, avec mention des rois Roger II et Guillaume II). S’appuyant sur une chronique médiévale, Alberto Varvaro utilise comme support de se recherche des chartes, contenant des noms, dont il cherche à déterminer l’origine normande.

V. Aldebert.

Les musulmans en Sicile

Nous vous proposons cette vidéo documentaire tirée de la série Islam d’Europe, intitulé « Sicile, l’autre Andalousie», celle oublié par l’Europe, car nombreux sont ceux qui ne le savent pas mais l’implantation musulmane en Sicile à duré près de 4 siècles. Même après le passage au pouvoir des Normands en 1091, 60 % de la population est encore musulmane. Les rois normands parlaient couramment arabe, s’habillaient à l’orientale, et vivaient comme des émirs. le roi Roger II appréciait particulièrement la culture arabe dont il était un grand admirateur ; il s’entourait de poètes arabes, de scientifiques et d’architectes arabes pour la construction des édifices, notamment des édifices religieux chrétiens. Nombreuses églises dont la célèbre chapelle Palatine, gardent des traces de cet héritage musulman, la plupart ont, par exemple, des inscriptions en arabe glorifiant les rois normands. Roger II fit notamment venir en Sicile Al-Idrisi , « le père de la cartographie orientale ».  Les musulmans ont contribué à l’augmentation du commerce et de l’échange, et à l’amélioration du système d’irrigation, système hydrologique encore visible aujourd’hui. L’administration sous les rois Normands continue à bénéficier du savoir faire arabe, les registres sont rédigés en arabe, les lois s’inspirent de la loi islamique, la monnai est frappée en arabe et datée à l’hégire…

Le documentaire retrace donc l’histoire des musulmans en Sicile, des premières installations au VIIIe siècle, la coexistence avec les Normands, les conflits sous Frédéric II, jusqu’à la situation actuelle des musulmans de Sicile aujourd’hui. Il mentionne leur expulsion soudaine, les efforts de l’église pour effacer leur trace au XIIIe siècle mais aussi que le souvenir arabe reste vif dans de très nombreux aspect, par exemple les techniques de construction, la langue sicilienne et le nom des lieux. Il nous montre comment la Sicile s’est enrichie d’une population chrétienne, juive, musulmane venue d’Afrique, d’Europe, d’Asie qui ont pu collaborer grâce au subtil dialogue intercultuel et interculturel favorisé par l’hétérogéneité de la civilisation autochtone. Le documentaire est malheureusement léger en informations, car assez court (29 minutes) mais n’en est pas moins intéressant, et fournit un cadre ainsi que des prismes de réflexions sur les sujets qui nous concernent.

Laisser vous donc entraîner à partir des récits de Ceasare Tini, restaurateur de mosaïques, ou encore Vincenzo Argento, le fabriquant de marionnettes, à travers cette époque richissime de l’histoire de la Sicile…

Bonus : ce powerpoint -on l’avoue d’origine inconnue- mais qui explique assez bien et sans erreurs les origines de l’art arabo-normand et donne des informations complémentaires sur certains monuments.

Le Palais des Normands

Aujourd’hui siège de l’Assemblé Régionale Sicilienne, ce bâtiment porte les marques des différentes « occupations » de la Sicile et nous livre – encore une fois – une image du métissage culturel de la Palerme médiévale. Le palais, situé sur la Piazza Independenza, a une longue histoire, et ses fondations sont bien antérieures aux normands.

C’est au XIème siècle que les Arabes -après s’être emparés de la ville jusque là sous domination Byzantine- décident de faire de ce fort romain (dont la construction remonte  à la civilisation punique) un Qasr, en le fortifiant.

Lorsque les Normand font de la ville leur capitale, ils s’approprient le palais et de grands travaux seront réalisés sous Roger II. L’année de son couronnement (1130), il fait embellir et agrandir le bâtiment qui se retrouve flanqué d’une tour (contenant notamment la « salle des vents » ainsi que la « salle de Roger »).  Le palais concentre donc différentes fonctions, celle de forteresse, de résidence du roi, de centre politique et… religieux puisqu’on y construit la Chapelle Palatine (à partir de 1143 d’après les mosaïques) .

Promis dès ses débuts à un rôle ostentatoire, le palais est d’une impressionnante richesse iconographique. On y trouve des productions byzantines, arabes et normandes, formant un ensemble cosmopolite. Les mosaïques, notamment, habillent les murs et les allées du palais. La beauté du lieu n’échappe pas aux chroniqueurs médiévaux  (parmi lesquels Hugues Falcand, Idrisi ou encore Ibn Jubayr) qui en livreront de nombreuses descriptions.

La salle de Roger par exemple, située dans la tour « Gjoaria»,  est couverte de mosaïques sur l’ensemble de ses voutes et de sa partie haute.  Dans la prédominance de l’or se dégage des motifs plus ou moins figuratifs, et l’on peut reconnaître des figures végétales, animales (lions, paons, cerfs, cygnes, léopards…) et quelques scènes de chasses.

Plafond de la Salle de Roger

Plafond de la Salle de Roger

Les voutes d’arête sont soulignées par des lignes agrémentées de médaillons et l’espace y est occupé par des entrelacs figurants des plantes. L’utilisation de ces mosaïques fait penser aux savoir faire Byzantin, mais l’iconographie, et le thème du paradis terrestre ( ou plutôt la façon dont il est traité ) sont clairement issus de la traditions Arabes… Et l’on y retrouve des motifs Chrétiens ( les griffons ) et normands ( les lions )… Ces mosaïques témoignent des influences multiples dont jouissait l’art à Palerme.

Téo Gaillot.

Le cas de Monreale

Monreale est un lieu essentiel dans notre étude autour des monuments de Palerme. Proche de la capitale des Hauteville, Monreale est un cas significatif car il présente de nombreuses similarités avec les monuments arabo-normands que nous n’avons cessé d’aborder. Comprendre l’organisation de Monreale revient à comprendre le contexte d’élaboration de l’art arabo-normand au XIIe siècle et son évolution. Au delà de la compréhension de l’élaboration de cet art, la culture arabo-normande est ciblée.

Nous nous concentrons en premier lieu sur le cas de l’abbaye de Monreale, à travers un article qui pose le problème de l’implantation d’une abbaye latine au milieu d’une population musulmane: http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ahess_0395-2649_1979_num_34_3_294067. L’article « Une abbaye latine dans la société musulmane : Monreale au XIIe siècle » (1979) est issu de la revue Annales, Économies, Sociétés, Civilisations. L’article cherche à comprendre, à partir du cas de Monreale, l’organisation de la société sicilienne (au niveau local) et les rapports entre occupant/occupé (l’abbaye étant implantée au milieu d’une population musulmane d’origine berbère, cultivant la terre). Les auteurs utilisent les archives de l’abbaye et une lecture du paysage. Après avoir expliqué la volonté politique à l’origine de la construction de l’abbaye, est abordé sa construction en elle-même et son fonctionnement (agriculture, élevage). La société rurale musulmane du XIIe siècle est ensuite présentée: il apparaît une forte cohésion du groupe social, renforcé par l’ethnie et la religion, ayant une dynamique propre (justice par un cadi, les formes de l’artisanat). Une rupture apparaît au 13e siècle, où la splendeur de l’abbaye contraste avec la gravité des problèmes sociaux.

Nous pourrions citer cette fiche de l’UNESCO: http://whc.unesco.org/en/tentativelists/5565. Elle concerne la Palerme arabo-normande et les édifices religieux de Cefalu et de Monreale. L’UNESCO est une référence importante, d’où la nécessité de l’adjoindre à nos résultats de recherche. Toutefois, il faut remarquer que la plus grande partie de la fiche consiste à expliquer le contexte historique de la Sicile et non pas à décrire les bâtiments, bien qu’elle les énumère. En réalité, il s’agit d’une description de site internet.

Ce que nous pourrions retenir comme site intéressant est ce lien vers le plan des mosaïques de la cathédrale de Monreale, très ressemblantes à celles que l’on retrouve à Palerme: http://www.planetware.com/map/monreale-cathedral-mosaics-map-i-cmmur_c.htm. Nous avons ainsi devant nos yeux une cartographie assez complète et détaillée des mosaïques de la cathédrale de Monreale (accompagnée d’un plan au sol de la cathédrale elle même ), située en périphérie de Palerme. Cela peut être assez intéressant si l’on arrive à trouver des photos de mosaïques concernées. Or, nous disposons également d’une autre lien qui nous dirige vers les mosaïques de la cathédrale de Monreale (mais également de monuments de Palerme): http://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Byzantine_mosaics_in_Palermo. La page « wikimedia commons » présentant les mosaïques de la chapelle palatine et de la cathédrale de Palerme, et celles de la chapelle de Monreale. L’intérêt du site sont les multiples photographies qu’on y découvre.

Enfin, pour compléter cet aperçu de la cathédrale de Monreale, nous pouvons citer un article sur les mosaïques de la cathédrale, en lien avec le roi Roger II de Sicile: http://www.cairn.info/revue-la-pensee-de-midi-2002-2-page-115.htm. Cette numérisation de la revue La pensée du midi concerne Roger II de Sicile, roi normand emblématique de la synthèse des cultures au sein de la capitale sicilienne. L’article est rédigé par Pierre Aubé, grand médiéviste.

V. Aldebert